Déjà arrivé à mi-parcours, je fais un petit check-up.
Les cours :
1) Photo-journalisme. Surement le cours où j'apprends le plus et où je m'éclate le plus. David Rees, le professeur est vraiment passionnant et drôle, ce qui ne gâche rien. Je devrais écrire un
paper pour son cours au lieu de blogger. Aujourd'hui j'ai assisté à une masterclass de Bill Eppridge, photo-journaliste de renom et anciennement sur les bangs de l'école de journalisme. Certains le connaissent sans doute; pour les autres il a suivi la campagne de Robert Kennedy. Il était présent lors de son
assassinat. Je conseillerais ce cours à ton étudiant de Pipo partant en échange dans le Missouri, comme me l'avaient conseillé mes prédécesseurs.
2) Broadcast II. Mes sentiments sont mitigés. D'un côté je travaille à KBIA, une station locale du réseau NPR et j'y apprends beaucoup de chose. Les journalistes sur place me font confiance et apprécient mon travail. Je suis diffusé à chaque fois. Jusqu'à présent mon meilleur reportage est celui sur une manifestation et contre manifestation autour de la question de l'avortement. Je mets un
lien vers l'émission pour ceux (anglophones) qui ne l'auraient pas entendu. Je découvre le journalisme radio à l'Américaine (enfin radio publique, c'est surement différent dans les stations privées). Un journalisme qui prend son temps, va au fond des choses autant que faire se peut et qui trouve surement sa quintessence dans l'émission
This American Life. J'en avais entendu parlé. Maintenant je l'écoute de manière régulière et farfouille même dans ses archives à la recherche de pépites. Je vous invite à en faire de même.
Mais d'un autre côté les cours magistraux me laissent insatisfait. Je dois lire des manuels sur comment faire du journalisme TV. Autant dire qu'on me demande de perdre mon temps. Surtout quand le manuel vous apprend comment tenir une caméra (je sais le faire, je m'en moque un peu, et c'est stupidissime de l'apprendre dans un manuel). J'y jète donc un oeil discret et ne lis que ce qui peut me servir... cela réduit énormément ma charge de travail.
Greeley Kyle est très certainement un excellent enseignant pour ce qui est de la télévision. Il joue au dur, mais c'est un ours en peluche. Le problème c'est que pour la radio, les souhaits de mes rédacteurs en chef à KBIA démentent une fois sur deux ses attentes. L'antenne étant prioritaire je m'y conforme donc, mais je suis noté par Greeley. Une bonne chose que je moque des notes (je validerai le cours quoiqu'il arrive).
3) L'espagnol. Je suis toujours aussi content de m'y être remis et ça revient assez vite. Mais je suis déçu par le mode d'enseignement des langues aux Etats-Unis (mon prof n'y est pour rien. Il est dynamique et très pédagogue). C'est bien gentil de discuter en cours, d'écrire une rédaction de temps, de remplir des QCM sur internet, mais apprendre une langue ça veut aussi dire se farcir de la grammaire jusqu'à la vomir (comme Ettie, Ryan, à côté de moi en ce moment et qui ne devraient pas tarder à régurgiter leur français). Et je déteste le dire, mais faire des listes et des listes de vocabulaire, et elles aussi se les farcir jusqu'à ce que mort s'ensuive.
Je vous vois venir. "T'as 23 ans, tu peux t'y mettre tout seul!" J'ai pas grand chose à répondre. Disons juste, et je le regrette, que l'espagnol ne peut matériellement pas être ma priorité. Aussi si on m'y obligeait je trouverais surement le temps de m'y mettre. Mais le reste de mes cours est tellement prenant en terme d'heures mais aussi d'organisation que j'avoue que lorsque j'ai un moment libre je ne pense pas à apprendre un peu d'Espagnol.
4) Independant study. Janet vient de me dire ce que j'allais faire, je n'ai donc pas commencé. En gros, on se sert de mon expérience à Europe 1 et je deviens éditeur en chef (ici ils disent producer) pour les journaux de l'après-midi. C'est la première fois qu'ils font cela. On ne sait donc pas trop où l'on va. Moi-même je me le demande. Rien ne se fait en direct ici et il n'y a pas vraiment de rédaction puisque ce sont les élèves de l'école qui fournissent le contenu. Pour les étudiants en radio BII comme moi, on se connait, on est le noyau dur et on travaille pour les émissions hebdomadaires. Pour les papier et autres papson ce sont les BI. Autant dire des petits jeunes qui apprennent aussi à faire des reportages vidéo. Ils changent d'une semaine sur l'autre.
Je vais essayer de trouver un processus à suivre par tous pour qu'on sache exactement sur quoi qui travaille et quand ils doivent le rendre. En gros je vais rationaliser.
Si vous m'avez lu jusqu'ici vous avez mérité des informations personnelles.
Je vais bien. Clarifions les choses tout de suite. Mais je suis épuisé. Un peu par manque de sommeil parfois, mais surtout parce que le rythme est très soutenu et ce depuis 2 mois que les cours ont commencés. Les vacances de Thanksgiving sont dans un peu plus de 4 semaines. Elles vont me faire un bien fou. Je commence à vraiment à en avoir marre de la nourriture de m***** qu'on tente de me fourguer à chaque repas. Je ne mange que deux fois par jour et me suis condamné à une salade tous les soirs. Je vais nager un kilomètre au moins 3 fois par semaine. Je garde à peu près la ligne. Mais je pense que je ne couperai pas au régime à mon retour, ne serait-ce que pour purger tous les acides gras saturés, sucres ajoutés et autres joyeusetés dont les Américains truffent leur nourriture.
Je l'ai déjà dit, je vais à San Francisco retrouver
Sheri Greenawald, directrice du Merola Program de SF. C'est mon ancienne voisine d'enfance. Je verrai ses élèves chanter ainsi qu'une production d'Otello de Verdi, adaptée de Shakespeare. J'ai hâte. L'opéra me manque. Même si une troupe de professionnels passe par Columbia pour y donner
les Noces de Figaro (2 Novembre). J'ai besoin de la foule des grands soirs.
A ma grande déception Madeline, sa fille, mon amour d'enfance (entre 3 et 7 ans je crois) ne pourra pas être là. Elle vient de décrocher un job de kiné et ne peut pas avoir de vacances à cette période de l'année. Vu le contexte économique je comprends qu'elle l'a joue safe sur ce coup. Une autre bonne raison de revenir aux Etats-Unis.
Car je ne pourrai pas faire tout ce que j'aurais souhaité. Notamment passer par New York une dizaine de jours. Aller au Met. Dans les musées. Flâner. Profiter un peu avant de repartir pour la fin de mes études, et de galérer comme tout jeune journaliste qui se respecte.
La faute à l'argent en partie. La faute à pas de chance aussi. Le bon plan que j'avais avec un très bon ami de prépa pour une collocation dans le 19ème est tombé dans le canal de l'Ourcq. Dommage c'était excessivement grand et pas cher.
Enfin, Europe 1 me laisse tomber. Pas de deuxième contrat d'apprentissage. Je rentre donc sans appartement, ni job. Je ne pense pas pouvoir reprendre mon ancien poste là-bas. Je serai parti 6 mois. De nouvelles têtes m'auront remplacé et il n'y aura pas ou si peu de piges pour moi. Et à vrai dire, à 6 mois d'être diplômé et sur le marché du travail en tant que journaliste, j'ai surement mieux à faire que simple assistant d'édition. J'ai appris beaucoup à le faire et je respecte énormément mes collègues qui continuent à le faire. Je n'ai aucun dédain ou quoique ce soit d'autre pour eux ou le poste. Mais je ne suis pas casser la tête à entrer dans une école de journalisme pour rester dans cette position.
Je rentre le 16 Décembre - soit deux semaines après les vacances de Thanksgiving - pour essayer de démêler un peu tout cela. Je scrute avec anxiété ma boite mail pipo en espérant une proposition pour un autre apprentissage dans une radio.
La fin de mon séjour, je la passerai à Chicago avec ma famille américaine. Je reverrai donc Ginette et Vernon mais aussi leur fils (petits-fils aussi qui sait). Cela me réjouit énormément.
En attendant le programme d'étude et de visite du Midwest est chargé.
I'll keep you posted, this time.